Glande
rétrogonoporale (Leptyphantes sanctivincentii)
On sait que les femelles
d’Araignées attirent leurs
mâles par des phéromones de contact, déposées ou non sur
le substrat, et par des
phéromones
volatiles agissant
à distance. Ces sémiochimiques
facilitent
le rapprochement des sexes dans les manœuvres préliminaires
à la copulation (Krafft,1980 ;
Tietjen & Rovner,1982).
Leur
production a été d’abord
attribuée au « tégument »
des femelles, sans préjuger s’il comporte
ou non des zones sécrétrices privilégiées.
Des études
histologiques ultérieures (Kovoor,1981 ;
Lopez,1981b) ont permis d’évoquer
la région génitale où certaines
des glandes montrent des indices structuraux
d’une sécrétion phéromonale :
adénocytes volumineux, à gros noyau clair, pourvus d’un « réservoir » acidophile intra-cytoplasmique
et d’un canalicule excréteur qu’entoure sa cellule « satellite ».
Ces glandes siègent
dans l’épiderme de l’atrium génital, de l’épigyne et surtout, dans celui des deux lèvres
du sillon (fente) épigastrique ou génital , en particulier chez les femelles
d’Entélégynes :
Oecobiidae, Thomisidae, Agelenidae, Lycosidae, Uloboridae, Araneidae (Kovoor,1981) ; Linyphiidae (Lopez,1981b).
Elles y sont généralement
dispersées sans ordre apparent.
J’ai toutefois découvert (Lopez,1979b) chez
Leptyphantes
sanctivincentii, une espèce de la dernière
famille, que les glandes
présumées phéromonales peuvent
se grouper en un véritable organe
bien individualisé dans la lèvre postérieure
du sillon épigastrique, donc de l’orifice
génital, et que j’ai ainsi qualifié
de post-gonoporal.
Nous
avons utilisé comme matériel d'étude
Leptyphantes sanctivincentii
(Simon) (Linyphiidae) (grotte de Cailhol,
Minervois : Ouest de l’ Hérault, France) et examiné
en M.E.T. au Laboratoire souterrain du CNRS,
Moulis 09200
(Note1).
La glande rétrogonoporale n’existe que chez la femelle adulte.
Elle siège dans
la lèvre postérieure du sillon épigastrique, très près de la face
ventrale, et y est surplombée par l’épigyne
(Fig.1,
2)
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| Fig.1
- Vue latérale de la région épigastrique
au M.E.B. |
Fig. 2 -
Coupe histologique sagittale de la région
épigastrique |
| E, épigyne
; F, fente ou sillon épigastrique
; G (OR), organe ou glande rétrogonoporal(e) ; S,
spermathèque |
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Vu au M.E.B. (Lopez,1981b), cet organe
se présente extérieurement comme
un bourrelet transversal très saillant,
orientant sa convexité vers la fente épigastrique,
étendu sans
interruption entre les deux stigmates pulmonaires,
et séparé
de la même fente par une étroite « rigole »
réunissant ces deux orifices
respiratoires. Il est long d’environ 300 µm
et large de 70. Sa surface est tourmentée,
irrégulière, toute en dépressions
et replis, d’aspect « gaufré »
ou « cérébriforme »
(Fig.3,4), parsemée de pores excréteurs arrondis (1 µm de diamètre
moyen), réguliers, sans
margelle, isolés ou plus souvent réunis
en petits groupes (Fig.4).
L’aspect d’ensemble suggère
un dispositif d’évaporation ou de diffusion.
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| Fig.
3 - Vue de l'organe postgonoporal
(OR)
en bourrelet transversal
(M.E.B.) |
Fig.
4 - Détails de sa surface
montrant des replis
et des pores (P) (M.E.B). |
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2.1- Structure histologique
Au niveau du bourrelet et de ses pores, l’épiderme sous-jacent est
considérablement modifié. Il présente
un massif épithélial dense, beaucoup
plus épais que lui, convexe et un peu en forme d’éventail
dans les coupes (para)sagittales (Fig.5), en
bourrelet incurvé dans les transversales (Fig.6),
épais d’une quarantaine de microns et recouvert par une
mince cuticule sinueuse (Fig.7).
Un petit sinus hémolymphatique
et des fibres musculaires
striées le séparent des diverticules chylentériques, du tissu interstitiel
et
des glandes séricigènes.
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| Fig. 5 - Coupe histologique sagittale de l'organe rétrogonoporal (G) |
Fig.
6 - Coupe histologique transversale
de l'organe rétrogonoporal
(G)
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E, épigyne
; F, fente épigastrique ; G, glande
rétrogonoporale ; S, glande
à soie
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L’épithélium
tégumentaire modifié comporte 4 catégories de
cellules.
► Les plus grandes ont un aspect d’adénocytes allongés et pyramidaux (hauteur : 25 à 30 µm environ) dont le noyau arrondi (diamètre : 8 µm environ), clair et vésiculeux montre un gros nucléole central et une chromatine périphérique très fine. Dans sa partie apicale, le cytoplasme de chaque adénocyte renferme une zone éosinophile ovoïde, en « réservoir », avec de fines stries radiaires convergeant vers une densification axiale. Il s’en détache un bref canalicule excréteur ralliant le revêtement cuticulaire (Fig.7).
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| Fig.
7 - Coupe histologique sagittale de l'organe
rétrogonoporal,
détail (rotation 90°) C, cuticule ; D, canalicules
;N,
noyau adénocytaire ; R, "réservoir" |
► Une deuxième catégorie
de cellules se loge entre
les adénocytes
et la cuticule sus-jacente ; accompagnant les
canalicules, ces cellules canalaires ont un cytoplasme étroit, peu visible, et un
petit noyau irrégulier très chromatique.
► La troisième catégorie
se compose de cellules
s’insinuant entre les adénocytes qu’elles paraissent soutenir, pouvant
être ainsi qualifiées
de satellites, plus ou moins perpendiculaires à
la cuticule et reconnaissables à leur noyau aplati, allongé (jusqu’à
10 µm) et d’aspect « tigré ».
► La dernière catégorie
semble correspondre à
des cellules
épidermiques, visibles dans la périphérie
de l’organe et entre les cellules canalaires.
Le revêtement cuticulaire sinueux est traversé
par les canalicules excréteurs, issus des adénocytes sous-jacents, très grêles,
réunis en petits
faisceaux et aboutissant chacun en surface à
l’un des pores ténus décelés
au M.E.B (Fig.4).
A quelque
distance de l’épiderme ainsi transformé en organe
sécréteur,
le revêtement épithélial renferme
encore quelques cellules
glandulaires isolées. D’autres adénocytes sont également logés
dans l’épiderme
ventral, un peu en arrière de l’organe post-gonoporal.
La différenciation
de ce dernier s’ébauche chez la femelle
subadulte, pendant la dernière intermue,
dans un épaississement post-épigastrique
de l’épiderme, et se complète ensuite chez
l’individu mature. Les
adénocytes sont identifiables avant les cellules canalaires et satellites.
Il est à
noter que les mâles en sont totalement dépourvus,
la glande
post-gonoporale étant
remplacée par une hernie de
tissu
interstitiel et par quelques fibres musculaires que recouvre du tégument pigmenté banal. En revanche, la lèvre antérieure
de leur sillon génital contient des organes acineux prégonoporaux, faisant partie d’un appareil épigastrique (confere supra) absent chez les femelles.
Nos
recherches au M.E.T.(Lopez,1989) montrent que l’épiderme rétro-gonoporal
modifié est formé par
un ensemble d’unités fonctionnelles
bien individualisées, autonomes,
présentant toutes
la même organisation ultrastructurale, et
par des cellules satellites, « compagnes » ou de soutien.
Une lame basale
continue, très mince
(quelques nm) et finement grenue les sépare
bien du muscle sous-jacent et du sinus. Elle suit les
sinuosités des pôles basaux adénocytaires
et surtout, celles, beaucoup plus marquées,
des cellules de soutien
Chaque unité fonctionnelle
ou glandulaire
se compose d’un adénocyte
et d’un appareil cuticulaire
s’étendant de cette cellule sécrétrice
à l’un des pores de
surface (Schéma).
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| Schéma - Unité fonctionnelle rétrogonoporale
périphérique. Les cellules compagnes et épidermiques
ne sont pas représentées |
| Cc, cellule canaliculaire ; Cd, canalicule
conducteur ; Cm, corps myéloïde ; En, endocuticule ; Ep, épicuticule
; Ex, cavité extracellulaire ; G, dictyosome (Golgi) ; L, lysosome
; Mt, mitochondrie ; Mv, microvilli ; N, noyau ; P, pore ; R, réticulum
; Rd, canalicule récepteur ; V, vésicule. |
L’adénocyte
est volumineux (30 µm), grossièrement
pyramidal, repose sur la lame basale et est flanqué par des
cellules
satellites ou de soutien (Fig.8).
Son plasmalemme s’accole à celui des cellules
voisines au niveau des
faces latérales qui ne sont pas engrenées.
Au niveau du pôle basal, il ne présente que quelques
replis irréguliers ne
compartimentant pas le cytoplasme. En revanche, il pénètre dans le pôle apical
qui présente ainsi une invagination de l’espace extracellulaire,
en “ cul de sac ” ou
“ doigt de gant ”, peu profonde, n’atteignant
pas la moitié basale et obturée par
la cellule canaliculaire dans
sa partie apicale (Schéma). Cette cavité
correspond au « réservoir »
de la microscopie optique. Grossièrement
ovoïde et longue d’environ 7 µm, elle est
garnie sur tout son pourtour par des microvillosités et
renferme, en position axiale, un canalicule récepteur (partie initiale de l’appareil cuticulaire)(Fig.8 à 10). Un feutrage fibrillaire
très dense, et vaguement stratifié
dans les coupes longitudinales,
estompe les contours du conduit et le sépare
comme un « manchon » des
microvillosités. Ces dernières sont nombreuses, coniques, assez régulières,
longues d’environ 1,5
µm, adoptent une disposition radiaire
centrée sur le canalicule et ne ménagent
entre elles que des interstices étroits,
presque virtuels. Elles contiennent
des microfilaments ténus, convergeant vers des
densifications apicales
osmiophiles discrètes.
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| Fig.8.- Adénocyte: cavité
extracellulaire et canalicule récepteur
(flèche), coupe oblique (ME.T) |
Fig.9.- Adénocyte: cavité
extracellulaire et canalicule récepteur
(flèche), coupe transversale (ME.T) |
Fig.10.- Adénocyte: fond de la cavité extracellulaire,
coupe transversale. Le
canalicule n'est plus visible (M.E.T.) |
| A, adénocyte
voisin ; Cs,Cellule satellite ; Dy, dictyosome (Golgi) ; Ex, cavité
extracellulaire ; M, mitochondrie ; Mv, microvilli ; V, vésicules
golgiennes allant s'ouvrir entre les . pieds
des microvilli (Fig.10 : flèches). |
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Le noyau est situé au-dessous de l’invagination, dans la moitié basale de
l’adénocyte. Il est volumineux, arrondi, régulier,
renferme un nucléole réticulé
excentrique ainsi
qu’ une chromatine granuleuse, dispersée
dans le nucléoplasme ou réunie en petites mottes.
Son enveloppe est pourvue de nombreux pores très apparents.
Le cytoplasme contient divers organites subcellulaires dont aucun ne semble particulièrement
développé.
Le réticulum endoplasmique est constitué par des sacs
aplatis ou cisternae
et
par des vésicules. Les
cisternae sont
pour la plupart granulaires, assez courtes, parallèles
à la surface de la cellule ou s’enroulent sur elles mêmes,
adoptant alors parfois une disposition
en « bulbe d’oignon » dans
le voisinage du noyau. D’autres ne portent que de rares
ribosomes et peuvent s’accoler à la
face externe des complexes golgiens. Les vésicules du réticulum sont également à peu
prés lisses et
se fusionnent parfois en chapelet à la base des
microvilli.
L’appareil de Golgi est constitué par un ensemble
d’empilements membranaires
(“dictyosomes”), sans localisation précise.
Leurs saccules sont nombreux, très serrés
et bourgeonnent par les
bords de petites vésicules à contenu osmiophile granuleux
qui les remplit entièrement
ou ne revêt que la face interne de leur
membrane (« vésicules tapissées »). Elles se fusionnent
souvent en grains denses et gagnent ensuite le réservoir
(Fig.9,10).
Les mitochondries sont petites, nombreuses, irrégulières,
pourvues de crêtes d’orientation variable et réparties
sans ordre apparent dans tout le cytoplasme (Fig.9,10).
On note aussi de petites vésicules d’endocytose naissant entre les pieds microvillositaires,
des ribosomes libres (polysomes) et des lysosomes secondaires autophagiques siégeant
surtout entre le noyau et la cavité extracellulaire. Pouvant atteindre une taille importante
(300 nm), ces derniers
organites contiennent des corps myéloïdes à très nombreuses lamelles
concentriques ainsi que des vésicules réticulaires et golgiennes d’aspect parfois « vermiculé »,
qu’ils ont absorbées.
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| Fig. 11- Adénocyte
: lysosomes (M.E.T.). |
Fig. 12- Adénocyte
: gros corps myéloïde (M.E.T.). |
Fig. 13- Adénocytes
: lysosomes (M.E.T.). |
| Cm, corps myéloïde
(lysosome) ; Dy, dictyosome ; Ip, inclusioin paracristalline dans
une cellule compagne ; L, lysosomes ; Mt, mitochondrie ; Mv, microvilli ;
N, noyau ; P, plasmalemme ; R, réticulum |
||
Une activité sécrétoire est représentée par les vésicules du réticulum et par celles de l’appareil de Golgi. Elles vont s’ouvrir dans l’espace extracellulaire entre les pieds des microvilli (Schéma, Fig..10),
et y déversent leur contenu (chapelets,
grains denses) après s’être parfois
fusionnées.
La portion initiale réceptrice plonge dans la cavité extracellulaire qu’elle paraît axer (Fig.9,
Fig.14). Brève, elle
ne décrit pas de sinuosités (Fig14).
La paroi de ce canalicule récepteur, de nature épicuticulaire probable, est formée par
une couche unique, très
mince, homogène, dense, lisse et régulière,
entourant une lumière à
contenu granuleux ; non
fenestrée, elle s’interrompt peut être à l’extrémité
libre du canalicule, s’y ouvrant directement dans la
partie basale de la cavité extracellulaire.
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| Fig.14.- Canalicules
récepteur et conducteur,
coupe oblique (M.E.T.). |
| Cd,canalicule conducteur. Les microvilllosités
(Mv) et le canalicule récepteur (Rd) qu'entoure un feutrage fibrillaire
constituent l "appareil terminal". |
L’ensemble du canalicule récepteur, du feutrage fibrillaire qui l’entoure comme un manchon et
des microvillosités
ancrées
sur ce dernier par leurs densifications apicales
constitue
un “ appareil terminal ”(“ end apparatus ”) typique tel qu’il est décrit
chez les Insectes dans sa diversité (Noirot
& Quennedey, 1974 ; Bitsch & Palevody,
1976) (Fig.14).
Le canalicule récepteur s’abouche à la portion conductrice qui est dans son prolongement direct (Fig.14). Elle est formée par un canalicule conducteur ou excréteur, simple, isolé des autres conduits, subrectiligne et trés court, sa longueur n’excédant pas 9 µm). Ce canalicule présente une lumière arrondie, d’un calibre plus gros que celui de la portion réceptrice, allant en croissant jusqu’à la terminaison (1/2 µm de diamètre interne), et une paroi formée par une seule couche d’épicuticule. Cette dernière est dense, opaque, homogène, compacte, ininterrompue, osmiophile, d’épaisseur également croissante (jusqu’à 0,2 µm)de sa traversée de la cuticule, lisse intérieurement, bosselée sur sa face externe et se raccorde à l’épicuticule tégumentaire au niveau du pore excréteur.
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| Fig.15.- Canalicules
conducteurs, coupe transversale |
Fig.16.-Détail
: canalicule conducteur et sa cellule |
Fig.17.-Détail :
canalicule conducteur, sa cellule |
| A, adénocytes
; Cd, canalicule conducteur entouré par sa cellule (Dc) ; Cs, cellule
de soutien ; N, noyau de cellule épidermique. Flèches : méso
de plasmalemme. |
||
Le canalicule conducteur ou excréteur est presque entièrement logé
dans une cellule canaliculaire (Schéma, Fig.15 à
17). Située dans la moitié
supérieure de l’épiderme modifié, elle y est entourée
par d’autres éléments
du même type, par des cellules de soutien et coiffe le pôle apical de l’adénocyte correspondant ainsi séparé
de la cuticule. Elle a des contours irréguliers,
émet des prolongements
descendants et s’enroule
autour du canalicule conducteur, l’accolement de ses faces
affrontées donnant naissance à
un long méso
flexueux
clos par un desmosome (Fig.16,17). Elle
pénètre, par un prolongement en digitation trapue, dans la partie
supérieure de la
cavité extracellulaire de l’adénocyte auquel l’unit une jonction septée annulaire, l’obture comme un bouchon et y englobe
ainsi le canalicule conducteur dès son origine. Les autres
prolongements sont des lames cytoplasmiques aplaties, s’insinuant entre les faces
latérales de l’adénocyte et les cellules voisines (Schéma). Le noyau de la cellule canaliculaire est assez irrégulier, anguleux, large
denviron 3,8 µm et
renferme une chromatine bien contrastée, se condensant
en mottes marginales. Le
cytoplasme contient des polysomes, quelques vésicules de réticulum, des mitochondries ovoïdes, des groupes de microtubules à disposition longitudinale
et ne montre pas d’activité sécrétoire.
Déjà unie à l’adénocyte, la cellule canaliculaire s’engrène avec ses voisines, et, en périphérie de l’organe, avec les cellules épidermiques banales. Cette cohésion est renforcée par des desmosomes sub-apicaux.
Etendues de la lame basale à la cuticule, elles sont allongées, très
aplaties, s’insinuent entre
les adénocytes et entre les cellules canalaires qu’elles entourent
de manière très variée.
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| Fig. 18 - Cellule compagne entourée par des adénocytes
(M.E.T.). |
Fig. 19- Autres cellules compagnes entourées par des adénocytes
(M.E.T.). |
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| A,
adénocytes ; Dy, dictyosome ; Ip, inclusion paracristalline
; L, lysosome ; Mt, mitochondrie ; N, noyau. E,
parties de cellules en dégénérescence présumée. |
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Périphériques
ou logées entre les cellules des canalicules et
de soutien, elles rappellent
ces dernières par l’aspect
ultrastructural, leur sont probablement apparentées,
ont un contour assez irrégulier, s’engrènent
par les interdigitations
de leurs faces latérales et sont
unies aussi par des desmosomes
subapicaux.
Leur pôle basal
repose sur les cellules canaliculaires
et émet des prolongements
entre les adénocytes. Le pôle apical est hérissé
de microvillosités peu nombreuses, montrant une densification terminale au contact
de la cuticule sus-jacente
et envoie parfois des expansions
dans cette dernière (Fig.20). Le noyau est haut situé,
anguleux, pourvu d’une chromatine marginale très
dense et d’un nucléole sub-central. Le cytoplasme est abondant,
assez clair, renferme
des mitochondries ovoïdes, quelques complexes golgiens, du glycogène, des ribosomes, ainsi que quelques flaques de matériel
grenu (produit de sécrétion ?).
Autour de l’organe rétrogonoporal, le revêtement cuticulaire est épais, plissé,
formé par de l’épicuticule dense et par de l’endocuticule stratifiée, moins opaque aux
électrons. Il repose
sur les microvilli
des cellules épidermiques banales et est creusé de pores-canaux. Ces derniers se terminent en cul-de-sac
sous l’épicuticule et sont occupés par
les expansions
apicales des cellules épidermiques (Fig.20).
Au niveau de l’organe, la cuticule diminue brusquement d’épaisseur,
réduite environ à son cinquième, l’endocuticule ayant pratiquement disparu. L’épicuticule constitutive est en continuité
dans les pores avec celle des canalicules excréteurs (Fig.20).
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| Fig. 20- Revêtement
cuticulaire et cellules épidermiques
(M.E.T.) |
| A, adénocyte ; C, cuticule (épicuticule)
; Cd, cellule du canalicule entourant ce dernier ; N, noyau ; P, pore. |
Il est formé par des
fibres striées très minces (épaisseur :
6 µm) s’accolant
à la lame
basale par leur
sarcolemme.
Ces fibres sont pourvues de noyaux marginaux oblongs (longueur : 7,5 µm) à chromatine condensée en grosses mottes. Leurs sarcomères (longueur moyenne : 6 µm) sont compris entre des bandes osmiophiles («stries» Z) très apparentes ; ils montrent des myofilaments fins et épais qui alternent avec régularité.Le sarcoplasme contient du réticulum lisse tubuleux et des mitochondries surtout visibles près du noyau.
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| Fig.20.- Fibre musculaire
striée séparée des adénocytes par la basale
(M.E.T.) |
| A, adénocytes avec des replis du
plasmalemme ; Bs, lame basale et sarcolemme accolés ; Ms, muscle strié
et son noyau (Nm) ; N, noyau d'adénocyte ; Z, strie Z. Flèches
: myofilaments. |
Sur le plan anatomique,
le groupement des adénocytes labioépigastriques
en organe bien délimité,
reste une particularité des femelles
de Lepthyphantes sanctivincentii. Cet organe est en tout point semblable
par son origine et sa cytologie, aux unités
glandulaires isolées ou plus ou moins
dispersées mises en évidence chez les
Linyphia,
autres Linyphiidae,
en particulier L. triangularis (Clerck)
(Lopez,1981b), ainsi que chez des
femelles de familles différentes (Kovoor,
1981). A son emplacement, les mâles ne possèdent
aucune formation comparable : les organes prégonoporaux (Lopez,1974a ; Lopez,1974b ; Lopez,1977)
de l’appareil épigastrique
(confere supra) ont une localisation,
une structure totalement différentes et ne
peuvent lui être homologués. L’organe rétrogonoporal de Lepthyphantes
sanctivincentii se présente donc comme un
caractère sexuel secondaire propre à la
femelle.
Alors que les autres glandules tégumentaires sont dispersées dans l’épiderme de la région génitale
(Kovoor,1981), l’organe rétrogonoporal
peut être considéré
comme une glande «anatomiquement définie», au sens de Noirot et
Kennedey (1974), la cohésion
et l’ «emballage » des
unités fonctionnelles y étant
assurée par les cellules compagnes ou de soutien.