Glande labiosternale
(Theridiosomatidae)
1 - Introduction
Cet organe semble propre aux
seuls Theridiosomatidae, petite famille d’ Araignées “ Labidognathes ”,
pour la plupart tropicales, se
rattachant aux Araneoidea les plus primitives
et dont la biologie est encore mal connue (Coddington,1986).
J’en ai décrit 3 espèces sud-américaines :
Wendilgarda mustelina
arnouxi Lopez,1985, Guadeloupe
; Ogulnius hayoti Lopez,1994, Martinique ;
Plato juberthiei Lopez,1996, Guyane.
Selon les genres, elles construisent dans les lieux
humides des toiles d’aspect
variable, les unes rudimentaires (Wendilgarda), les autres plus élaborées, tenues
sous tension et étirées en cône
formant pièges à ressort (Theridiosoma, Naatlo)(Fig.A, galerie photographique) . De plus,
elles tissent des cocons ovigères pouvant
présenter une forme cubique trés curieuse, apparemmernt
unique dans l'ordre des Araneides (Figs.B et C, galerie photographique), par
ailleurs modèle géométrique rarissime dans le monde
animal.
Dans leurs études morphologiques deWendilgarda américaines, Archer (1953) et Brignoli (1972)
ont signalé l’existence
de petites “ fossettes ” sternales (“sternal pits ”)
rapprochées du labium, retrouvées
plus tard par Wunderlich (1980 : “ sternal-organ ”)
chez d’autres genres de Theridiosomatidae (Theridiosoma, Ogulnius, Epeirotypus) et qu’il considère comme une autapomorphie familiale.
Ultérieurement encore, Coddington
(1986) les signale comme caractères
de diagnostic dans sa monographie sur tous les genres
connus de Theridiosomatidae.
Wunderlich (1980) a précisé, que
les “ organes sternaux ” ont l’ aspect d’ invaginations sacciformes,
de nature glandulaire, mais il s’est uniquement
basé sur l’examen superficiel et grossier de
préparations éclaircies, sans
exploration consécutive (Note
2)
J’ai réalisé les premières études
histologiques et ultrastructurales
jamais effectuées sur l’ “organe sternal” (Lopez,1983a) ; Lopez,1988 ; Lopez,1993c) apportant ainsi la preuve formelle
qu’il est de nature glandulaire
et s’ouvre bien à l’extérieur
par la fossette (“pit”). Nous avons également
proposé d’appeler cette dernière
“ pore labio-sternal ” et la structure qui y débouche, “ organe labio-sternal ” ces noms composés exprimant mieux leur
position très antérieure
au contact du labium.
Le
matériel étudié se compose
de 3 Theridiosomatidae néotropicaux : Wendilgarda mustelina arnouxi Lopez,1985 (Guadeloupe), Theridiosoma sp. (Martinique) et Naatlo splendida ex Theridiosoma splendidum Taczanowski
(Guyane
française) ( Note 1)
2 - Organe labio-sternal
2.1-Pore labio-sternal
Vu au M.E.B., il se présente comme un orifice
régulier située sur
le sternum au contact
de son bord antérieur et de l’extrémité
du labium, donc de la suture
labio-sternale, régulière,
ovalaire et bordée d’une petite margelle
postérieure chez Wendilgarda mustelina arnouxi
Lopez & Emerit, de Guadeloupe (Fig.1,2)
à peu prés circulaire et de niveau
avec la surface du tégument chez Theridiosoma sp, de Martinique (Fig.3), regardant obliquement
en bas, en avant et un peu en dedans,
mesurant de 10 à 20 µm de diamètre.
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| Fig.1 - Wendilgarda mustelina arnouxi
: région labio-sternale. M.E.B. |
Fig.2 - Pore labio-sternal,
détail |
Fig.3 - Theridiosoma sp., pore,
détail |
| G,
gnathocoxae ; L, labium ; O, pores labio-sternaux ;
S, sternum |
||
Cet aspect se
retrouve chez d’autres Theridiosomatidae tels que Plato juberthiei Lopez,1996a de Guyane
(Fig.4), et Ogulnius
hayoti Lopez,1994c de Martinique.
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| Fig.4 -
Plato juberthiei
(M.E.B.) |
| G, gnathocoxae ; L, labium ; P,
pores labio-sternaux ; S, sternum |
2.2-Structure histologique.
L’organe s’abouchant au pore est pair, symétrique, paramédian, superficiel et repose sur le tégument sternal au voisinage immédiat du labium. Recouvert par la masse nerveuse sous-oesophagienne (Fig.5.), il est constitué par un massif glandulaire et une poche réceptrice commune.
Ainsi que l’indiquait Wunderlich (1980) d’après
ses préparations éclaircies,
cette poche est un “ sac ” s’ouvrant
extérieurement au niveau du pore labio-sternal, allongé (L = 90 à 100µm),
plus large dans sa moitié postérieure (l
= 60 à 70 µm) que dans l’antérieure
(l = 40 µm), donc ovoïde ou piriforme
(Fig.5,6) et orienté de telle sorte
que son grand axe est à peu prés horizontal,
égèrement oblique en avant et un peu
en dedans.
Sa paroi est formée par une assise épidermique
fine, bien visible
seulement lorsqu’elle contient
un pigment noir et surtout,
par de la cuticule. Cette dernière, très
mince au niveau du fond ou globalement chez Naatlo
(2 µm), s’épaississant progressivement
dans la partie antérieure (Wendilgarda) où elle atteint 4 µm et se raccorde
à la chitine sterno-labiale (10 µm) sur le
pourtour du pore (Fig.5). Ainsi se présente-t-elle
comme une invagination en profond
récessus du tégument
et repose sur ce dernier par sa face
ventrale sans lui adhérer.
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Fig.5.-
Wendilgarda mustelina arnouxi,
coupes passant par le pore (à gauche)
et en dehors (à droite).
C, cuticule
ventrale ; G, massif glandulaire ; N, ganglions
nerveux ; P, pore ; S, sécrétion ; t, "tigette"
.
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La cavité de la poche renferme un
matériel amorphe éosinophile en boule
et masses irrégulières. Chez Wendilgarda, il englobe de curieuses saillies
pariétales, sorte de “ tigettes ” cuticulaires se détachant sur le pourtour du fond,
longues en moyenne de 15 µm, bi ou trifurquées
à leur extrémité libre
et s’y terminant en pointes plus ou moins divergentes
(Fig.6 ). Elles sont remplacées
par de simples “ dentelures ” postérieures
chez Naatlo.
Fig.6.- Wendilgarda mustelina arnouxi, coupes transversales. A, adénocytes ; P, paroi de la poche ; S, sécrétion ; T, "tigettes"
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| Fig.6.- Wendilgarda mustelina arnouxi,
coupes transversales.
A, adénocytes ; P, paroi de la poche
; S, sécrétion ; T, "tigettes" |
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Le massif glandulaire s’inscrit toujours dans une loge en triangle, haute
d’environ 30 µm, que délimitent
le pôle postérieur de la poche, les ganglions sous-oesophagiens et le tégument
sternal. Ce massif est
très compact chez Wendilgarda et Naatlo, ne dépassant pas vers l’arrière
le niveau du ganglion de P II. Par contre, il est moins
dense chez Theridiosoma, y adoptant une disposition en chapelet qui atteint
le ganglion de P III. Il se compose de cellules ayant un
aspect sécréteur, donc
adénocytaire, et de canalicules excréteurs flanqués par des cellules “ satellites ”. Les adénocytes sont volumineux (30 µm), oblongs, pourvus d’un
noyau arrondi vésiculeux ( 8 à
10 µm), nettement nucléolé ; leur cytoplasme
est basophile en périphérie
et présente une zone centrale éosinophile,
striée, de forme ovalaire, évoquant un
“ réservoir ” où
débute un très grêle canalicule également
coloré par l’éosine. Les cellules “ satellites ” siègent entre les adénocytes et la paroi de la poche, ont un petit
noyau
allongé (4 µm),
à chromatine abondante, un cytoplasme pâle
peu visible et entourent les canalicules
venant
de se dégager des adénocytes. Ces conduits sont grêles, tortueux, convergent
vers la paroi de la poche et la
traversent en une zone limitée de son pôle
postérieur, au niveau des dentelures.
2.3-Ultrastructure
L’étude ultrastructurale chez Wendilgarda et Naatlo montre que les cellules et les canaux
sont bien réunis en
unités glandulaires fonctionnelles
toutes semblables (Schémas 1 et 2)
dont la sécrétion
est reçue par la poche
collectrice. Cette dernière et l’ensemble
de tous les canaux qui
y aboutissent, récepteurs
inclus, constituent un appareil
cuticulaire global.
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| Schéma 1 - Wendilgarda mustelina arnouxi (Guadeloupe)
: unité glandulaire labiosternale
(1) et détails (2, 3). M.E.T. |
| B, partie basale de l'adénocyte
; Cc1, cellule canalaire proximale ;Cc2, cellules canalaires intermédiaires
; Cc3, cellules canalaires distales ; Cd, canalicule conducteur ; Da,
digitation apophysaire ; G, Golgi (dictyosome) ; Gs, grains
de sécrétion (2) ; Mt, mitochondries ; Mv, microvilli
; O, orifices excréteurs ; Rd, canalicule
récepteur. S, "section-raccourci".
Flèches : grains de sécrétion (1) et canalicule récepteur
(2). |
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| Schéma 2 - Naatlo splendida (Guyane) : unité glandulaire labiosternale. M.E.T. |
| Cc1, cellule canalaire proximale
; Cc2, cellule canalaire distale ; Cd, canalicule conducteur ; Ep,
épicuticule ; Ex, exocuticule ; Gs, grains de sécrétion
; Mt, mitochondries ; Mv, microvilli ; O, orifice excréteur
;Pc, poche collectrice ; R, réticulum endoplasmique
; Rd, canalicule récepteur ; S, sécrétion.
S (en noir), "section raccourci". |
2.3.1-Unité
glandulaire
Chez les deux espèces étudiées,
elle comporte un adénocyte et la partie de l'appareil cuticulaire qui le dessert,
soit un canalicule récepteur, un canalicule excréteur ou
conducteur et des cellules
canaliculaires (Schémas
1 et 2).
Son pôle externe ou basal, au contact du sinus
hémolymphatique, est
régulièrement arrondi et ne présente pas d’indentations
particulières ou invaginations de la membrane
En revanche, son pôle apical présente une invagination de l’espace extracellulaire en “ cul de sac ” ou “ doigt de gant ”,
occupant le grand axe adénocytaire, légèrement
flexueuse et renferme un canalicule récepteur en position centrale.
Cette invagination est bordée par des microvilli convergeant
vers le canalicule récepteur, très nombreuses, longues en moyenne
de 3 µm et remarquables par leur aspect
très particulier. Aplaties en lamelles, elles se présentent
comme des expansions foliacées
beaucoup plus larges (1 µm) à
la base qu’au sommet qui s’effile régulièrement
en cône allongé. Elles ont ainsi
un contour à peu prés triangulaire,
parfois cordiforme ou en “ as de pique ” lorsqu’il
existe un léger pincement au-dessus de leur base
(Wendilgarda). En outre, ces microvillosités ne sont pas planes mais sinueuses, et plus ou moins
incurvées sur leurs deux
axes. Elles s’appliquent enfin étroitement
les unes contre les autres en s’imbriquant
et ne ménagent que des espaces virtuels
ou que souligne un matériel osmiophile très
peu abondant. Cette juxtaposition dense des microvilli crée des images très particulières
dues à l’accolement : “ nids
d’abeille ” lorsqu’elles sont coupées transversalement ;
bandes tranversales grenues équidistantes
ou festons de zonation régulière lorsque
leurs coupes sont obliques. Les mêmes microvillosités renferment des filaments
intermédiaires (Wendilgarda), des microtubules
longitudinaux (Naatlo)
s’étendant de la base à l’apex où
ils se disposent en couronne, et, dans ce même
apex, une petite densification terminale.
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| Fig. - Wendilgarda arnouxi : microvilli, canalicule
récepteur (M.E.T.) |
Fig. - Wendilgarda arnouxi : microvilli, grains
de sécrétion (M.E.T.) |
| Gs, grains
de sécrétion ; Mt, mitochondries ; Mv, microvillosités
; Rd, canalicule récepteur |
|
Le noyau siège en général dans la partie
moyenne de l’adénocyte.
Il est volumineux, clair, arrondi ou ovoïde
et contient un nucléole
réticulé excentrique.
Sa chromatine est abondante,
dispersée dans le nucléoplasme et forme aussi de petites mottes marginales. L’enveloppe nucléaire est en nette continuité avec le réticulum endoplasmique.
Ce dernier est granulaire
ou rugueux. Chez Wendilgarda, il est formé par de petits sacs variqueux,
siégeant surtout prés
de la cavité extracellulaire et en périphérie, tandis que chez
Naatlo, il paraît plus abondant et se compose de cisternae allongées,
planes ou incurvées, formant
par empilement un ergastoplasme
développé,
surtout dans la périphérie de l’adénocyte qui leur doit sa basophilie.
Le chondriome est
également remarquable par
son abondance. Il se compose de mitochondries volumineuses,
à matrice claire et crêtes sinueuses, réparties
sans ordre apparent, très plastiques,
souvent accolées en amas compacts et alors
déformées par compression réciproque.
De même, l’appareil de Golgi ou complexe golgien est très développé, du moins
chez Wendilgarda. Il réunit des dictyosomes nombreux,
petits, localisés près de la cavité extracellulaire, constitués chacun par un empilement de 3 à 5 saccules plus ou
moins dilatés, présentant
une face “cis” (proximale ou de formation) en rapport avec le
réticulum endoplasmique et une face “trans” (de
sortie ou de maturation) orientant sa concavité
vers l’espace extracellulaire. Par cette face et les bords de ses saccules, chaque dictyosome bourgeonne
un essaim de vésicules golgiennes recouvertes (réseau transgolgien), qui
grossissent progressivement et donnent ainsi naissance aux grains de sécrétion.
Ces grains sont arrondis ou anguleux, limités par
une membrane et contiennent un matériel opaque, d’abord
finement grenu, ensuite homogène et très
osmiophile. Ils gagnent la base des replis microvillositaires,
y émettent de petites protubérances s’abouchant
dans les interstices et libèrent ainsi leur contenu qui
s’insinue entre les microvilli
jusqu’ au canalicule récepteur.
Les autres organites subcellulaires sont
de petites vésicules
d’endocytose (pinocytose) entre
les microvilli, des endosomes rejoints par les précédentes, des ribosomes libres,
des microtubules pouvant
s’engager dans les microvilli, des microfilaments
qui y pénètrent aussi
et des lysosomes secondaires, sans localisation précise, plus ou moins anguleux
et à contenu membranaire hétérogène.
|
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| Fig. - Wendilgarda arnouxi : organites sub-cellulaires
divers (M.E.T.) |
Fig. - Wendilgarda arnouxi : jonction des deux
canalicules (M.E.T.) |
| A, adénocytes
voisins ; Cc1, cellule canalaire proximale ; Cd, canalicule conducteur
; G, Golgi (dictyosome) ; Gs, grains de sécrétion ; Mt, mitochondries
; Mv, microvillosités ; Rd, canalicule récepteur |
|
Drainant
et emmagasinant la sécrétion de
chaque adénocyte, il est formé
par l’ensemble des canalicules
récepteur et
conducteur, ce dernier, qu'entourent des
cellules canaliculaires, jusqu'à sa terminaison
(orifice) dans la poche
collectrice.
Le canalicule
récepteur est entièrement logé dans
la cavité
extracellulaire de l’adénocyte et en forme l’axe. Il présente
une lumière très étroite, aplatie (0,3
µm en moyenne) et une paroi formée par de l’épicuticule externe, opaque aux électrons,
très mince (10 nm), régulière,
lisse sur ses deux faces, paraissant compacte
et homogène chez Naatlo
(Schéma 2),
montrant en fait chez Wendilgarda deux couches discontinues lui donnant un aspect fenestré
et s’interrompant peut-être
aussi vers l’extrémité distale (Schéma
1). A ce niveau, le canalicule semble
s’ouvrir dans la cavité
extracellulaire, relativement spacieuse
et contenant du matériel grenu. Partout ailleurs,
le canalicule est en contact avec
les apex microvillositaires qui s’accolent à lui. Il contient un matériel
dispersé et finement granuleux
ou plus dense, homogène, très osmiophile
semblant mouler la lumière.
Elles sont allongées,
aplaties et s’enroulent autour du canalicule
excréteur ou conducteur,
leurs faces accolées formant un méso plus ou moins sinueux, clos par une zonula adherens.
Le noyau est
également allongé et déprimé,
irrégulier, anguleux et renferme une chromatine compacte se condensant en
grosses mottes ou blocs marginaux
Le cytoplasme,
clair et peu abondant, renferme des
polysomes, quelques mitochondries, des microtubules se disposant en paquets longitudinaux
et ne présente jamais les
stigmates d’une activité sécrétoire.
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| Fig. - Wendilgarda arnouxi : canalicule
conducteur (M.E.T.) |
Fig. - Wendilgarda arnouxi : digitations d'une
apophyse (M.E.T.) |
| Cc2, cellules
canaliculaires intermédiaires ; Cd, canalicule conducteur (plusieurs
coupes de ses sinuosiotés dans la Fig..) ; Ch, chambre ou poche collectrice
; Cu, cuticule ; Da, digitation ; Mt, mitochondrie ; N, noyau S,
sécrétion. Flèches (Fig. ) : mamelons épicuticulaires. |
|
Sa
paroi est bien formée par un revêtement chitineux
et par une assise épidermique
interrompue
dans la zone où aboutissent les canalicules.
Le revêtement
chitineux montre
une couche intérieure d’épicuticule (épicuticule externe et interne) en continuité avec la paroi
des canaux au niveau de leurs pores excréteurs individuels, et une couche extérieure d’épicuticule, plus épaisse, montrant des
canaux-poraires
(pores-canaux), stratifiée
en unités laminaires, s’interrompant
brusquement au niveau des mêmes orifices.
Elles sont toutes deux en continuité avec celles
du tégument ventral sur le pourtour du pore labio-sternal. L’endocuticule
tégumentaire qui est d’ailleurs absente de toute la poche, s’y termine
en un “coin effilé”.
Dans le cas simple de Naatlo,
l’épicuticule
interne s’épaissit
irrégulièrement entre les pores canalaires,
formant des crêtes aiguës ou émoussées
qui correspondent aux dentelures des coupes
histologiques.
Dans celui, plus complexe
de Wendilgarda, la paroi de la poche s’infléchit brusquement
dans les projections très
saillantes qui avaient l’aspect de “tigettes”
en microscopie photonique mais que nous pouvons
qualifier ici “apophyses”, un peu incurvées,
effectivement bi- ou tri-furquées
en digitations ("pointes") à
leur extrémité libre et présentant
une section transversale oblongue. Comme le reste de la
paroi, ces “apophyses” digitées sont formées par de
l’épicuticule et une exocuticule plus mince qu’ailleurs, assez riche en canaux poraires renfermant
des languettes cytoplasmiques. Leur axe est occupé par des cellules épidermiques, par la cellule
distale du canalicule
conducteur et la terminaison
de ce dernier, ouvert en entonnoir
sur letiers inférieur de l’apophyse, au niveau
de sa concavité.
Peu
nombreuses, elles se logent entre la cuticule de la poche et les adénocytes, s’engrènent
par leurs faces latérales, entourent aussi les cellules canalaires,leur sont unies par
de petites jonctions subapicales (zonula adherens) et , dans le cas de Wendilgarda, pénètrent
dans les axes des apophyses, y accompagnant
le canal et sa cellule distale. Chaque cellule épidermique est montre un noyau aplati, lenticulaire, à chromatine dense
formant des blocs irréguliers
comme dans les cellules canalaires. Son cytoplasme
contient des ribosomes et surtout,
des grains pigmentaires
sphériques très osmiophiles,
denses et homogènes. Le pôle
apical sous-cuticulaire est garni de microvillosités courtes et en petit nombre.
Sur le plan anatomique, l’histologie est assez
uniforme dans les trois genres étudiés (Wendilgarda,
Theridiosoma, Naatlo) qui diffèrent seulement
par la disposition plus ou moins compacte de leur massif
glandulaire et la structure pariétale de la
poche collectrice,se singularisant chez Wendilgarda par ses curieuses 'tigettes", apophyses
de la M.E.T..
Il en est de même pour
la structure fine des unités entrant dans
la constitution de l’organe labio-sternal et qui permettent
de rattacher ses adénocytes à la classe
3 des cellules glandulaires épidermiques
d’Arthropodes (Noirot & Quennedey,1974). Par leur groupement
et le fait qu'elles déversent la sécrétion dans une poche collectrice commune, l’organe entier peut être considéré
comme “anatomiquement défini” (Noirot
& Quennedey,1974).
Les microvillosités ont une forme très
originale non observée
dans les autres adénocytes
d’ Araignées (spermathèque de Telema tenella comprise :
confere infra) :
en lames trapézoïdales
d’épaisseur constante et jusqu’à
10 fois plus larges à la base qu’au sommet
chez Naatlo ;
en expansions foliacées triangulaires,
parfois cordiformes, chez Wendilgarda. Elles évoquent
celles de l’adénocyte
rétrogonoporal par leur nombre
très élevé, leur juxtaposition étroite
et le fait qu’elles semblent oblitérer
la cavité extracellulaire.
En revanche, elles diffèrent des replis apicaux de la spermathèque
chez Telema tenella (Lopez,1983b) ainsi d'ailleurs chez les Insectes que des microlamelles, également
apicales des Bathysciinae souterrains (Juberthie-Jupeau & Cazals,
1983).
Mais
c’est surtout par
le développement
remarquable de l’appareil cuticulaire et sa
poche sacciforme que l’organe labiosternal diffère
de toutes les autres glandes prosomatiques d’ Araignées.
Une telle séparation du réservoir et des cellules
sécrétrices qui lui sont annexées se rencontre
en revanche fréquemment chez les Insectes
: glande métapleurale des Formicidae
(Hölldobler & Engel-Siegel, 1984), glandes défensives
des Coléoptères Ténébrionidae
(Eisner & al.,1964) ou glandes antennaires des Pselaphidae
(De Marzo & Vit.,1983). Néanmoins, la glande labiosternale présente un état
de différenciation moins poussé que chez ces Insectes car sa poche est simple, non compartimentée
et les unités glandulaires , dont chacune
ne comporte qu'un adénocyte, appartiennent
toutes à un seul et même type. Elle est donc loin d'atteindre
la complexité des glandes défensives d' Hétéroptères et surtout, de
la glande sternale des Rhinotermitidae
(Quennedey, 1978).
Sur le plan fonctionnel,
la présence d’un appareil terminal
est en faveur de la production d’un sémio-chimique,
phéromone ou allomone, comme dans
d’autres glandes tégumentaires
d’Araignées (confere supra et
infra). Cette sécrétion
doit avoir une composante glycoproteique (grand développement
du Golgi, positivité
de l'adénocyte à l'A.P.S.).
Elle met certainement en jeu des phénomènes
énergétiques intenses, un métabolisme
élevé (richesse du chondriome) et des échanges
très actifs que traduit la conformation
particulière des microvillosités,
ces dernières accroissant considérablement la surface apicale
de l'adénocyte.
Il est peu probable que cette même sécrétion soit
modifiée dans le canalicule conducteur
car sa paroi est ininterrompue et les cellules-enveloppes
ne présentent aucune activité élaboratrice.
Sa résorbtion dans la poche
pourrait expliquer l’aspect très variable du
matériel qui s’y est déposé.
Notes infra-paginales
Note 1 : Laboratoire CNRS, Moulis 09200 :
fixation des parties étudiées au glutaraldéhyde à
2,9% dans le tampon Millonig 0,2 M, au cacodylate pour Kaira alba), post-fixation
au tétroxyde d’osmium à 0,2% dans le même tampon, et
inclusion en épon (au Spurr pour Kaira alba) ; coupes fines
au microtome Reichert OM U2 contrastées par l’acétate d’uranyle,
le citrate de plomb et examinées ensuite sous 50 KV, au microscope
Sopelem du Laboratoire souterrain
Note 2 : Une fois de plus, nous
retrouvons là le caractère superficiel de telles études
et affirmations plus ou moins gratuites où l’auteur "dérape"
moins par absence de moyens techniques (d’autant plus qu’il est souvent universitaire et peut demander l’assistance
d’un laboratoire de microscopie voisin) que par manque de curiosité
réelle et méconnaissance complète de ce peut apporter
l’ histologie, moyen incomparable d’investigation pionnière.
Bibliographie
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Coddington, J.A., 1986. – Smithson.Contr.to Zoology,
422, 96 pp.
De Marzo, L. & S.Vit, 1983.- Entomologica,18, p.77-110.
Eisner,T., Mc Henry,F. & M.M.Salpeter,
1964.- Journ.Morphol., 115, p.355-368.
Hölldobler,B. & H.Engel-Siegel, 1984.- Psyche, 91, p.201-224.
Juberthie-Jupeau,L. &
M.Cazals,1983.- Mém.Biospéol.,10, p.439-444.
Quennedey, A.,1978- Thèse Doct.Etat, Univ.Dijon, 254 pp.
Lopez,A.,1985 (avec M.Emerit).- Mém.Biospéol.,12, p. 67-76.
Lopez,A.,1988 (avec L.Juberthie-Jupeau).-
C.R. XI e Coll.intern.europ. arachnol.,
Berlin, 1988, p.332-339.
Lopez,A.,1993c(avec
L.Juberthie-Jupeau).- Rev.Arachnol., 10 (4), 1993,
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Lopez,A.,1994.-
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94), p.7-15.
Lopez,A.,1996.-
Mém.Biospéol.,23, p. 191-196.
Noirot, Ch. & A.Quennedey, 1974.- Ann.Rev.Entomol.,19, p.61-80.
Wunderlich,J., 1980.- Verh.naturwiss.ver.Hamburg, 23 (NF), p. 255-257.