APPAREIL EPIGASTRIQUE DES
ARAIGNEES MÂLES
1- Introduction
L’étude de l’appareil épigastrique a débuté en
1970 sur le conseil amical du Pr Roland Legendre qui fut, avec Jacques Millot,
l’un des deux pionniers de l’étude histologique
des Araneides. Elle devait inaugurer toutes mes recherches
ultérieures sur les Araignées, recherches qui se sont avérées particulièrement
fructueuses (Confere supra). Je souhaite exprimer ici
une nouvelle fois toute ma gratitude à ce grand zoologiste (Note ) qui
a initié mes succés arachnologiques.
Les mâles d’Araignées possèdent des organes particuliers,
propres à leur sexe, logés dans l'épigastre, plus précisément dans la lèvre antérieure
du sillon (fente) génital(e) ou épigastrique. Les plus visibles d’entre eux montrant un aspect
de glandes exocrines, ils sont désignés d’après nos premiers travaux
(Lopez,1971) sous l’appellation générale de «glandes épigastriques».
En fait, ces organes peuvent être
divisés en deux types bien distincts.
► Les glandes épigastriques proprement dites ou prégonoporales (Lopez,1977) pluricellulaires,
acinoïdes, consistant chacune en un corps épithélial sécrétoire et un canal
excréteur allant
s’ouvrir en avant du sillon épigastrique, par une fusule creuse
implantée sur le tégument ventral. La présence de fusules a été
découverte par Fage et Machado (1950) chez les Ochyroceratidae) et confirmée ensuite
par le deuxième auteur (Machado,1951), celle des glandes elles mêmes par Melchers (1964 : Theraphosidae), Marples
(1967 : « epiandrous glands » : Gradungulidae) et Lopez
(1971).
Elles sont inconstantes et ne se rencontrent
pas chez les mâles de toutes les espèces d’Araignées
(Lopez,1972 ; Lopez,1977).
► Les organes gonoporaux ont été découverts et décrits chez les Clubionidae et les Dysderidae (Lopez,1972) , puis dans d’autres familles. Ils sont constants
et se rencontrent pratiquement chez les
mâles de toutes les espèces d’Araignées étudiées jusqu’ici
(Lopez,1977).
De plus, étant donné qu’ils peuvent s’associer
à des glandules tégumentaires prégonoporales isolées, du moins chez
les Metinae et les Amaurobiidae (Lopez,1986a ; Lopez,1988), j’ai proposé pour l’ensemble le nom
d’ «appareil épigastrique» dans
une revue générale de la zone du gonopore chez les Araignées mâles (Lopez,1988).
Il s’agit là d’un complexe hétérogène, de prime abord
assez incongru puisqu’il associe des formations anatomiques
dissemblables et de significations phylo-ontogéniques peut
être différentes (Fig.1).
|
| Fig.1.- Meta menardi
mâle : coupe histologique parasagittale de la région épigastrique et son appareil. |
| E,
fente épigastrique ; Ep, glandes
épigastriques prégonoporales ; F, fusule ; G, gonopore ;
H, poil ventral ; Og, organe gonoporal
et sa terminaison (flèche simple) ; S, spermatozoïdes dans
le canal commun terminal. Les 2 flèches affrontées indiquent
des glandules tégumentaires prégonoporales. |
2.-Glandes épigastriques ou prégonoporales
Sa base postérieure correspond à la fente épigastrique, dépression transversale très profonde (Fig. ) où s’ouvre le gonopore.
Ses
limites latérales sont représentées
par des fibres musculaires striées
et par la partie interne des deux poumons
ou phyllotrachées (Fig. ).
Sa limite inférieure n’est autre que
le tégument ventral, dont l’épiderme, plus ou moins chargé de pigment, et la cuticule sont en
continuité avec ceux de l’invagination épigastrique.
La limite supérieure est marquée par
le canal commun terminal résultant de l’union des déférents et par
les diverticules chylentériques
abdominaux.
La limite antérieure correspond généralement
aux fibres musculaires
striées qui
s’insèrent, d’une part sur le tégument, d’autre
part sur le canal commun terminal et l’endochondrite
t VIII
2.2.- Structure générale
Elle ne varie guère et est batie comme celle d’autres
organes sécréteurs aranéidiens (glandes
venimeuses et séricigènes),
sur un plan interne évoquant quelque peu les acini de Vertébrés.
Chaque acinus épigastrique comporte en effet un corps glandulaire sacciforme, sans cellule intermédiaire
et que pédiculise un canal excréteur (Fig. ). Ce dernier s’ouvre extérieurement par l’intermédiaire
d’une fusule canuliforme.
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| Fig.2-
Filistata insidiatrix : Région épigastrique |
Fig.
3.- Leptoneta microphtalma: Région épigastrique |
Fig.4.-
Araneus sp. : Région épigastrique |
|
C, cuticule ; D, canal excreéteur ;
Df, déférent ; E, fente épîgastrique ; Ep, glandes prégonoporales ; F,
fusules ; G, gonopore ; H, poil ; I, diverticule
intestinal ; S, sécrétion ; Sp, spermatozoïdes ; T, canal terminal.
Les organes gonoporaux ne sont pas visibles
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| Fig.5
.-Hersilia
sp. : Région épigastrique |
Fig.6.- Eresus niger
: Région épigastrique |
Fig.7- Philaeus chrysops
: Région épigastrique |
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C, cuticule ; D, canal excreéteur ; Df,
déférent ; E, fente épîgastrique ; Ep, glandes
prégonoporales ; F, fusules ;
G, gonopore ; H, poil ; I, diverticule intestinal ; S, sécrétion
; Sp, spermatozoïdes ; T, canal terminal.
Les organes gonoporaux ne sont pas visibles
|
||
2.3.1- Histologie
Le corps est formé
par un épithélium simple
(Fig.5 à 13) reposant sur une basale
et non surmonté d’un revêtement cuticulaire. Ses cellules (adénocytes)
prismatiques ou pyramidales renferment des boules ou
sphérules logées dans des «vacuoles»
plus ou moins apparentes, déformant souvent le noyau et captant
généralement les colorants acides (bleu d’aniline, éosine).
Teintés également en bleu par l’ hématoxyline
de Mallory (Fig. 9), ces grains
de sécrétion réduisent le réactif
de Schiff dans la méthode à l’APS (Fig.10,12,13). Ils
passent ensuite dans la lumière et s’y accumulent sous forme d’une
masse plus ou moins homogène et à contours festonnés (Fig.9,10,12,13).
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| Fig.8-
Pholcus ornatus : Glandes prégonoporales |
Fig.9 - Mygale Migide sp. : Prégonoporales |
Fig.10- Amaurobioides africanus : Prégonoporales |
| C, cuticule ; D, canal excréteur ; Ep,
glande prégonoporale ; F,
fusule ; G, gonopore ; H, poil ; S, sécrétion dans la lumière ;
Sp, spermatozoides; T, canal commun terminal |
||
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| Fig.11.-
Pholcus phalangioides : Prégonoporales |
Fig.12.-
Tetragnatha extensa : Prégonoporales |
Fig.13.-
Tetragnatha extensa : Prégonoporales, détail |
| C,
cuticule ventrale ; D, canal excréteur ; Ep,glande prégonoporale ; Et, son épithélium
; M, muscle ; S, sécrétion ; Sp, spermatozoïdes ; Canal commun
terminal |
||
Il est à noter que des cellules d'un
aspect différent, sans sécrétion visible, siègent au voisinage
du collet et pourraient y être impliquées
dans la vidange glandulaire (Fig.14).
|
| Fig. 14 -Araneus quadratus, glande prégonoporale : Ep, épithélium ; D, canal
; S, sécrétion. Flèches : cellules spéciales du collet |
2.3.2- Ultrastructure
Elle n’a été que explorée chez
les mâles de deux espèces d’ Araignées : Pholcus phalangioides
(Lopez,1973a) (Fig.12 à 16) et, plus succinctement, Araneus sericatus
(Lopez,1977) (Fig. 20,21).
La lumière du corps
s’insinue entre les pôles
apicaux des adénocytes
pour y former des cryptes plus ou
moins profondes. Elle contient un matériel sécrétoire finement granuleux.
Chaque adénocyte est
une grosse cellule
sécrétrice prismatique s’engrenant profondément
dans ses voisines par des interdigitations que souligne
le plasmalemme très sinueux de ses
faces latérales.
Le pôle basal est régulier,
parfois convexe, montre un plasmalemme ne formant pas de replis intra-cytoplasmiques
et repose sur une lame trés fine.
Le pôle apical est garni de microvillosités
courtes, grêles, flexueuses, contenant des microfilaments axiaux, emplissant les cryptes et plongeant dans le matériel sécrétoire qui occupe la lumière (Fig.12,13,18).
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| Fig.15- Pholcus phalangioides : adénocytes, apex |
Fig.16- Pholcus phalangioides :
autres adénocytes |
Fig.17- Pholcus phalangioides : partie basale,
noyau |
| Ch, chromatine ; G, grains de sécrétion
; J, jonction sub-apicale ; M, mitochondrie ; Mv, microvillosités
; N, noyau ; Nu, nucléole ; Ri, réticulum. M.E.T. |
||
Le noyau arrondi et généralement basal (Fig.17,20,21),
renferme une chromatine finement dispersée dans son nucléoplasme, réunie aussi en mottes marginales,
et un nucléole réticulé excentrique. L’enveloppe nucléaire est en nette continuité avec le réticulum endoplasmique.
Ce
dernier est remarquablement développé, en grande partie
lisse (Fig.15,16,187,20,21) et forme des cisternae de taille très variable, s’enchevêtrant
les unes dans les autres, correspondant aux «vacuoles»
de la microscopie optique.
Les grains de sécrétion
paraissent y naître prés du pôle basal dans le réticulum endoplasmique (Fig.17,18). Ils sont régulièrement
sphériques, homogènes, d’opacité variable, avec un contour
très net comme tracé au compas mais parfois un peu « décollé »
de la membrane qui les limite. Ils gagnnt le pôle apical de l’adénocyte ; leur contenu y est extrudé dans la lumière (Fig.19),
parfois entre les pieds des
microvilli et se joint au matériel sécrétoire qui l’emplit.
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|
| Fig.18- Pholcus phalangioides : autres parties basales
et noyau |
Fig.19- Pholcus phalangioides : sécrétion et vésicules
émises par les apex |
| G, grains de sécrétion ; Mi, mitochondrie
; N, noyau ; Ri, réticulum ; S, sécrétion ; V, vésicule.
M.E.T. |
|
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| Fig.20-
Araneus sericatus : Paroi
de glande prégonoporale et
ses adénocytes |
Fig.21-
Araneus sericatus : Paroi
de glande prégonoporale et autres adénocytes |
| G, grains de sécrétion ; L, lame basale
; Mv, microvillosités apicales ; N; noyau ; Nu, nucléole ; Ri, réticulum
endoplasmique ; S, sécrétion. M.E.T. |
|
Les autres organites sub-cellulaires sont de petites mitochondries sphériques (Fig.18), à crêtes estompées, à matrix très claire, siégeant surtout près
du noyau dans le pôle basal et de petites vésicules apicales. Ces dernières paraissent vides
mais ont une membrane trés contrastée (vésicules recouvertes) et sont parfois
libérées dans la lumière avec le contenu des grains (Fig.19). Bien
qu’il n’est pas été observé de dictyosomes individualisés, elles pourraient être
de nature golgienne.
La cohésion des adénocytes est assurée par de petites jonctions sub-apicales
(desmosomes zonaires)(Fig.15,16).
2.3.3- Variations
2.3.3.a-V.numériques
Etabli d’après celui de leurs fusules brisées et intactes, le nombre des corps glandulaires est réduit chez certaines
Argyrodes (2
ou 3) et les Pholcidae
(4 à 5), plus important chez certaines Araneidae (Gasteracantha, 6 à 8 ; Nemoscolus,
10 ; Cyrtophora, 15) et
les Theridions (8 à 13), moyen chez Argiope (20) et Nephila, pouvant
enfin atteindre la trentaine chez d’autres Araneidae.
Les chiffres
les plus élevés semblent caractériser Eresus niger et les Mygalomorphes où Legendre(1972 :
Scodra calceata) a pu dénombrer de 150
à 200 fusules.
2.3.3.b-V.morphologiques
Le corps glandulaire
est généralement sphéroïdal ou piriforme, donc
acineux. Il peut aussi s’allonger en un
sac tronconique régulier (aspect tubulo-acineux
d’Eresus niger)
ou de forme ovoïde (Pholcidae).
Chez Amaurobius erberi, le corps glandulaire paraît inhabituellement très petit dans les coupes histologiques et comme «sous-développé».
Les grains de sécrétion
ont un aspect uniforme
dans la grande majorité des familles. Toutefois, chez
Pisaura
mirabilis et surtout certains
Linyphiidae tels que Pityohyphantes
phrygianus, ils se répartissent
en deux lots conférant un net aspect mi-partie au corps de la glande : un lot supérieur ou distal dont les grains sont plus volumineux (diamètre
3 à 4 µ) et captent fortement l’éosine, donc acidophiles ; un lot inférieur, proximal ou juxta-canalaire dont les
«boules» sont plus petites (2 µm) et se colorent en
noir-bleuté par l’hématoxyline, donc basophiles, au point
de se confondre avec le pigment
mélanique de l’épiderme ventral sous-jacent (Fig.22)
).
|
| Fig.22.-
Pityohyphantes phrygianus,
mâle : région épigastrique avec les glandes
prégonoporales mi-parties |
| C,
cuticule ventrale ; E, fente épigastrique; Ep1, Ep2, régions
distale et proximale des glandes prégonoporales
; F, fusule ; G, gonopore ; P, épiderme ventral pigmenté ; S,
spermatozoides |
2.3.3.c-V.volumétriques
Les dimensions les plus importantes se rencontrent
chez Eresus niger dont les tubulo-acini mesurent 480 µm de long, pour une largeur
de 120, sont bourrés de grains acidophiles et se
groupent en un massif cuneiforme dense, long de 1 mm chez un mâle de 1,5
cm.
Dans la familles
des Pholcidae, la longueur varie de 150 µ (Pholcus) à 230 (Smeringopus) pour une largeur moyenne de 80.
Les dimensions
les plus modestes sont observées chez les Theridiidae.dont
le diamètre acineux n’excède pas 40 µm pour une épaisseur
épithéliale 4 fois moindre.
2.3.3.d-V.dans les
rapports
Chez le Pholcide Holocnemus pluchei, remarquable par la présence de cellules pigmentées rameuses dans une partie de
son organisme (Lopez,1973c),
aussi-bien dans le céphalothorax (Fig.23)
que dans l'abdomen où ces chromatophores entourent chaque acinus épigastrique, lui formant un «manteau» caractéristique et soulignant
ses contours (Fig.24).
|
|
| Fig.23- Holocnemus pluchei : chromatophores dans le céphalothorax. |
Fig.24- Holocnemus pluchei
: chromatophores entourant un
acinus épigastrique |
| C, cuticule ventrale ; Ch, chromatophores ; Ep, acinus prégonoporal ; M, muscle ; Mc, "manteau"
de chromatophores ; épiderme
pigmenté ; R, tissu réticulé. |
|
2.4.- Canaux
2.4.1- Histologie
Chaque canal se
présente comme un fin conduit éosinophile, de calibre
assez constant mais de longueur variable, rectiligne ou pelotonné
sur lui-même, et entouré par au moins une cellule satellite dont le noyau dense, trés chromatique, est seul
bien visible surtout au voisinage du collet.
Juste avant d’aboutir à sa fusule, le canal traverse généralement
un épiderme modifié que Marples (1967) décrivit
pour la première fois chez Hickmania
dans une étude histologique rudimentaire. Cet épithélium ,
plus ou moins concave, déprimé en «cupule» ou «puits»
(« pit »), est formé par des cellules prismatiques
hautes, à noyaux basaux, à cytoplasmes clairs,
d’aspect «fibrillaire», pouvant renfermer des grains
de pigment mélanique et est surmonté par un revêtement cuticulaire strié.
2.4.2- Ultrastructure
Chaque canal est
formé par une cuticule
d’abord striée puis homogène, qu’entourent des cellules satellites ou canalaires remarquables par une disposition
complexe de leurs membranes.
La cuticule paraît se délaminer peu avant sa terminaison.
Le pôle apical de chaque cellule canalaire est uni à celui des voisines par des jonctions zonaires et compartimenté par de profondes invaginations de son plasmalemme en microvillosités nombreuses et parallèles (Fig.25). Ces microvilli montrent des densifications apicales et sont séparées de la cuticule par un espace extracellulaire. Des vésicules d’endocytose sont visibles entre leurs pieds.
|
| Fig.25- Araneus sericatus : canal excréteur . C, cuticule ; J, jonction ;
S, sécrétion
; V, microvilli. M.E.T. |
Dans les coupes histologiques, à la loupe binoculaire et surtout au M.E.B (Lopez, 1988), les fusules se présentent comme des structures de forme assez constante mais de disposition plus variable. Leur compte permet évidemment celui des corps acineux, donc des glandes prégonoporales, souvent difficile et parfois impossible dans les coupes histologiques lorsqu’elles y sont trop nombreuses.
2.5.1.- Forme.
De
prime abord, les fusules épigastriques évoquent
celles des filières de glandes séricigènes (Fig.
).
|
| Fig. - Hahnia sp. : fusules
(F) sur une filière antérieure
(L). Eb, embase ; H, poils. M.E.B. |
Elles peuvent être coniques, courtes
et tronquées (Pholcus
phalangioides) (Fig. )
ou, plus souvent, grêles et effilées, longues de 40 à 70 µm pour un diamètre basal de 10 maximum.
Elles sont alors
∙presque droites dans les genres Nemesia (Ctenizidae) (Fig. ), Holocnemus (Pholcidae)(Fig.), Argiope (Araneidae)(Fig.), Micrathena (Araneidae) (Fig. ) et Philoponella (Uloboridae) (Fig. )
∙plus ou moins arquées chez Scytodes (Scytodidae)(Fig. ), Nesticus (Nesticidae) (Fig. ) et Araniella (Araneidae) (Fig. )
∙un peu «tordues» dans les genres Leptoneta
(Leptonetidae)
et Saitis
(Salticidae).
Les fusules épigastriques ne sont pas lisses dans l’ensemble
mais un peu striées-cannelées suivant la longueur. Amaurobius erberi (Keys.) (Amaurobiidae) représente le seul cas où leur surface soit garnie de spinules (Fig.
).
|
| Fig....
Amaurobius erberi : les
fusules (F) portent des spinules (flèches). M.E.B.
|
Le point de jonction de la fusule avec le tégument ventral montre une grande diversité d’aspect
surtout visible en M.E.B.
∙de niveau avec la surface tégumentaire
plane dont la fusule fait directement saillie : Mygalomorphae (Nemesia caementaria, Atypus affinis) et Anelosimus eximius (Theridiidae) (Fig. ).
∙sur un léger relief en «coussin» :
Filistata insidiatrix (Filistatidae)
∙enfoncé dans une alvéole arrondie de sorte qu’il apparaît entouré d’un
sillon
circulaire, simple
( Amaurobius : Amaurobiidae). (Fig. ) ou lui-même encerclé par un relief cupuliforme plus ou moins
saillant soit lisse (Salticus scenicus, Pholcus phalangioides) (Fig. ), soit décoré
de crêtes concentriques très nettes (Leptoneta
infuscata minos : Fig. ).
De plus leur base ne montre pas un profil modifié
(Lopez,1988), alors que celle des fusules de glandes séricigènes est caractérisée par un élargissement
bulbeux ou en cône (Fig.).
Les Ochyroceratidae font toutefois exception car leurs
fusules
épigastriques ont
une embase élargie remarquable au-dessus de
laquelle chaque fût s’effile progressivement (Lopez,1980 : Ochyrocera peruana ; Lopez,1985 :
O. thibaudi ; Lopez,1997 :
O. caeruleoamethystina )(Fig. ).
|
|
|
| Fig....
Ochyrocera peruana : lèvre
épigastrique antérieure et fusule,
coupe histologique |
Fig.
Ochyrocera thibaudi : fusules, M.E.B. Flèche : cordon spermatique sortant de la fente |
Fig.....
Ochyrocera caeruleo-amethystina :
fusules, M.E.B. |
|
C, cuticule; E, fente épigastrique ;F, fusule et son embase (Eb ou B) ; Ep, corps de glande prégonoporale ; H, poil ; V, face ventrale de l'épigastre en avant des fusules. |
||
De même, chez les
Tetragnathidae Tetragnatha extensa et Pachygnatha clercki
chaque fusule possède une embase cylindrique à sommet tabulaire que
prolonge le fût (Fig. ).
2.5.2.- Dispositions (Patterns).
La disposition des fusules, que l’on peut qualifier de «fusulotaxie»
(réemployant ainsi un «suffixe» parfois accolé au nom
de certains poils sensoriels, les trichobothries = « trichobothriotaxie ») est très
variable suivant les groupes
et atteint son maximum d’originalité dans le cas des Tetragnathides.
Chez les Mygalomorphae,
les fusules sont très
nombreuses, solitaires et disposées sans ordre sur presque
toute l’étendue de l’aire épigastrique.
|
| Fig...Atypus affinis (Mygalomorphae) : fusules (flèches) disposées sans ordre. H, poils.
M.E.B. |
Chez les Araneomorphae, elles peuvent être
•isolées, peu nombreuses et
sur une seule file : 5 dans le genre Ochyrocera (Ochyroceratidae) (Fig. ), 9 chez Scytodes thoracica (Oecobiidae) (Fig. ).
∙plus nombreuses (13 à 14) et tendant à se disposer
sur deux files chez Nesticus cellulanus (Nesticidae) (Fig. ).
∙ peu nombreuses mais ayant tendance à se réunir en
deux groupes : Pholcidae dont
Pholcus
phalangioides (Fig.
) et surtout Holocnemus pluchei (Fig. ), où 5 fusules évoluent
vers un rapprochement par 3 et 2.
|
| Fig...Pholcus phalangioides (Pholcidae) : E, fente épigastriuque ; F, fusules ; H, poils. M.E.B. |
∙nombreuses et réunies en plusieurs
petits groupes inégaux de disposition irrégulière chez les Metinae Meta bourneti et M. menardi (Lopez,1986a ; Lopez,1988).
|
| Fig. - Meta
menardi (Metinae) : lèvre
épigastrique antérieure et fusules |
| E, fente épigastrique
; F, fusules
; H, poil ; V, face ventrale de l'épigastre
en avant des fusules. Flèches
: orifices des glandules tégumentaires.
M.E.B. |
∙nombreuses mais formant de petits
groupes régulièrement espacés sur une ligne transversale
dans le cas d’ Araignées aussi diverses que les Araneidae, tels qu’Argiope argentata, belle Araignée
néotropicale à grand dimorphisme sexuel dont la femelle présente une livrée
variable (Fig.galerie photographique), Araniella cucurbitina (Fig. ), les genres Nephila et Gasteracantha, les Linyphiidae
(Linyphia, Florinda), les Gnaphosidae (Drassodes), les Agelenidae
(Tegenaria), les Uloboridae (Philoponella) et les Eusparassidae (Micrommata) (Lopez,1988).
|
|
|
| Fig...Argiope argentata.- Groupes de fusules en ligne |
Fig...Araniella cucurbitina.-
Groupes de fusules en ligne |
Fig...Drassodes lapidosus.- Deux groupes de
fusules |
|
E, fente épigastrique ; F, fusules ; H, poil ; V, face ventrale de l'épigastre en avant des fusules. M.E.B. |
||
∙réunies cette fois en deux «touffes»
ou «pinceaux», bien distinctes et symétriques chez les Theridiidae Argyrodes cognatus, Anelosimus eximius ainsi que chez Leptoneta infuscata minos (Leptonetidae) (Fig. ), Saitis barbipes (Salticidae) (Fig. ) et surtout, Tetragnatha extensa et Pachygnatha clercki (Tetragnathidae) (Lopez,1988).
|
| Fig....- Anelosimus eximius (Theridiidae) : fusules
en deux "pinceaux" (F) ; E, fente épigastrique ; H, poils ;
V, face ventrale de l'épigastre en avant des fusules. M.E.B. |
2.5.3.- Puits (Pits)
Les fusules groupées peuvent se loger dans des dépressions communes arrondies ou oblongues et de profondeur variable : les «puits». Leur rebord ou margelle, mousse ou un peu aigu, surplombe le tégument voisin.
|
|
| Fig.
.- Argiope argentata
: groupe de fusules et "puits" |
Fig.
.- Araniella cucurbitina
: groupe de fusules et "puits" |
| F, fusules
; H, poils ; p, "puits" avec leur margelle |
|
Ils sont bien visibles chez Argiope argentata (Fig. ),
Araniella cucurbitina
(Fig. ), Saitis barbipes (Salticidae) (Fig. ), Eresus niger (Eresidae) (Fig. ) et tout particulièrement,
dans l’intéressante famille des Tetragnathidae. Tetragnatha extensa et Pachygnatha clercki possèdent deux dépressions symétriques séparées par une crête. Leucauge argyra
(Fig.galerie photographique),
une araignée néotropicale de couleurs vives, fréquente
aux Antilles et en Guyane française (Lopez,) représente sans
aucun doute le cas le plus remarquable : ses fusules, isolées
ou groupées, sont entièrement incluses, sur toute leur
hauteur, dans un très grand «puits» transversal
situé juste en avant du sillon épigastrique
sur sa lèvre antérieure, ayant la forme
d’une «auge» et qui semble presque les engainer (Lopez,1986a ; Lopez,1988)
(Fig. ).
|
|
| Fig. - Eresus niger: groupes de fusules. |
Fig. - Leucauge argyra : "puits" en "auge".
|
| B, partie antérieure
de la margelle du "puits" ; E, fente épigastrique
et sa lèvre antérieure L ; F, fusules ; H, poils ; V,
face ventrale de l'épigastre. Flèches : orifices des glandules tégumentaires. M.E.B. |
|