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LE CHOLESTEATOME ET SES LESIONS ASSOCIEES
Dr.
ANDRE LOPEZ
médecin
anatomo-pathologiste
Dr.
BENOIT GRATACAP
Dr. ROBERT
VINCENT
médecin
otologiste
médecin otologiste
Travail réalisé dans le
cadre de la Clinique Causse 34440 Colombiers
F.
Sommaire
Structure histologique du cholestéatome
1-Matériel et techniques
2-Muqueuse de caisse normale et osselets
3-Structure histologique du cholestéatome
3.1- Contenu
3.2- Paroi
3.2.1- Epithélium
3.2.2- Stroma
Notre
matériel provient de
près de 200 patients agés
de 11 à 76 ans et opérés sur
24 mois. Il concerne en gros 173 chlestéatomes
sensu stricto et 27 poches de rétraction
prélevés lors de tympanoplasties (premier
temps ou reprise), soit par biopsies ponctuelles sur des
points variés de l’oreille moyenne, soit en
«blocs panoramiques» réunissant le
«sac»,
son contenu et parfois des osselets.
Après fixation au formol à
10 %, au liquide de Bouin et décalcification
éventuelle, ce matériel a
été inclus dans la cytoparaffine, débité
en coupes sériées et coloré
par des méthodes de routine (hématoxyline-éosine-orange
G, trichromes de Masson), à visée
histochimique (APS, bleu alcian, réaction
du «bleu de Prusse») ou selon des techniques
cyto-immunologiques marquant la vimentine, les
cytokératines, l’actine musculaire lisse, la
protéine S100, la neurone énolase spécifique et l’antigène leucocytaire commun.
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| Fig.
- Epithélium de la caisse du tympan. Femme, 57 ans. M.E.T. |
Fig.
- Cellules épithéliales séparées du stroma
par la basale. Même cas. M..E.T. |
| B,
lame basale ; C, cils vibratiles ; Cb, cellule basale ; Cc, cellule ciliée
; Cnc, cellule non ciliée ; Fc, fibres collagènes du stroma
; N, noyaux. Flèches (Fig..) : hémidesmosomes. Le type glandulaire
n'est pas visible. |
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| Fig.
- Jonctions latérales unissant deux cellules ciliées. Même
cas.M.E.T. |
Fig.
- Desmosomes unissant deux cellules épithéliales.Même
cas.M.E.T. |
| C,
cils vibratiles ; D, desmosomes ; M, mitochondrie ; N, noyau ; P, plasmalemmes
accolés ; Za, zonula adherens ; Zo, zonula occludens.
Flèches (Fig. ) : filaments intermédiaires ancrant les desmosomes
dans le hyaloplasme. |
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Il est formé par un matériel éosinophile de nature kératinique, squameux et généralement anucléé sauf lorsqu'il existe une parakératose dans l'épithélium pariétal sous-jacent (Fig.). Des noyaux aplatis et pycnotiques sont alors visibles dans une zone limitée (Fig.2). Il se mêle parfois à la kératine des polynucléaires et des histiocytes plus ou moins fusionnés en cellules géantes (symplasmes) (Fig.3). Ces macrophages tendent à englober les lamelles cornées. Ils sont souvent l’indice de discontinuités dans la paroi du « sac » dont ils proviennent (Fig.4) et peuvent aussi traduire la présence d’un granulome à kératine sous-jacent.
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| Fi.2 - Contenu
d'un sac cholestéatomateux
présentant une zone de parakératose. |
| K, kératine
"normale" anucléée ; Pk, kératine
parakératosique avec noyaux (flèches) |
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| Fig.3
- Kératine et symplasmes dans la cavité d'un cholestéatome |
Fig.
4 - Symplasmes au-dessus d'une brèche pariétale |
| Cg,
cellules géantes (symplasmes) macrophagiques ; E, épithélium
malpighien interrompu ; K, kératine intra-cavitaire ; S, stroma dénudé |
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Désignée
toute entière sous le
nom de «matrice» par certains
auteurs (Bremond & al., 1980), elle présente
un aspect histologique rappelant beaucoup
celui décrit pour la poche de rétraction.
Les deux lésions ne se distinguent classiquement
que par des particularités évolutives
et structurales mineures qui leur
sont propres (Zechner,1982).
Cet épithélium,
auquel certains auteurs réservent
le nom de « matrix »
(Lim & Saunders, 1972), est formé
comme par 4 strates
ou couches caractéristiques comme dans
un épiderme normal :
le stratum basale (couche germinative, basal layer) reposant sur une lame basale ; le stratum spinosum
(couche des "cellules à épines", prickle cell layer ) ; le stratum granulosum
(couche granuleuse,
granular layer) ; le stratum corneum (couche cornée,
horny layer) (Fig.5,6).
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| Fig.5
- Epithélium cholestéatomateux orthokératosique. Cytokératines |
Fig. 6 - Epithélium
cholestéatomateux orthokératosique. Autre vue, plus grossi. |
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Ec, épithélium de caiss
e; K, kératine orthokératosique ; S, stroma ;
Sb, stratum basale ; Sg, stratum granulosum ; Ss, stratum
spinosum. Flèches (Fig. 5) : noyaux des cellules "à épines".
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Bien que ce dernier soit généralement
orthokératosique, il peut y persister de noyaux pycnotiques (parakératose)
; le stratum granulosum a alors disparu
dans la partie sous-jacente du "corps muqueux de Malpighi" (Fig.7).
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| Fig.
7- Foyer de parakératose dans un cholestéatome |
Fig.
8- Crête "épidermique" dans un cholestéatome |
| K,
kératine orthokératosique ; O, osselet ; Pk, kératine
parakératosique ; R, crête ; S, stroma ; Sb, stratum basale
; Sg, stratum granulosum (interrompu par la parakératose:
Fig. ) ; Ss, stratum spinosum. Flèches (Fig. ) : noyaux pycnotiques.
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Il se présente comme un revêtement
assez mince et régulier,
pourvu trés rarement de crêtes
(epidermal ridges)
lorqu'il n'est pas altéré (Fig.8). Ces crêtes
caractérisent l’épiderme
normal et s’engrènent avec les
papilles du derme sous-jacent.
Le front de progression cholestéatomateux
offre un profil cuneiforme
caracéristique (Fig.9 à
12)et se substitue progressivement à l'épithélium cubique de caisse
(Fig.11,12).
Renumérotation
en cours......
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| Fig.9-
Front de progression cholestéatomateux |
Fig.10- Front de progression cholestéatomateux |
| Ci,
cellules inflammatoires ; Cs, capillaires sanguins ; E,
épithélium malpighien ; F, front en "biseau" ; H, hémorragie
; K, kératine ; S, stroma conjonctif. |
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| Fig.11
- Front de progression cholestéatomateux.
Stroma trés inflammatoire. |
Fig.12
- Front de progression cholestéatomateux.
Stroma trés inflammatoire. |
| Ci,
cellules inflammatoires ; Cs, capillaires sanguins
; E, épithélium malpighien ; F, front en "biseau" ; K, kératine
; S, stroma conjonctif.Flèches
: foyer d'exocytose. |
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Aux mêmes niveaux et surtout au-dessus de foyers inflammatoires pouvant former
un granulome lorsqu'ils sont particulièrement
denses (Fig.14,15), l’épithélium
présente des modifications localisées
importantes : crêtes, exosérose ou oedéme intercellulaire, spongiose et oedéme
cellulaire (Fig.15,16), disparition du stratum
granulosum (Fig. 13 à 16) et exocytose de polynucléaires (Fig. 13 à 15).
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| Fig.13 -
Epithélium malpighien présentant des
crêtes et un stroma inflammatoire. |
Fig. 14 -
Epithélium malpighien présentant une
exocytose intense sur stroma
inflammatoire granulomateux |
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Ci, cellules inflammatoires
; E, épithélium malpighien ;
Gi, granulome ; K, kératine
; R, crêtes ; S, stroma.
Flèches : foyers d'exocytose. Disparition du stratum
granulosum (Fig.7, à gauche ,
Fig.8)
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| Fig.15-
Epithélium malpighien présentant
une exocytoseet une exosérose intenses sur
stroma inflammatoire |
Fig.16
- Autre épithélium malpighien
présentant une exosérose
intense et une spongiose sur
stroma inflammatoire |
| E1,
épithélium malpighien ; E2, épithélium
remanié ; Gi, granulome ;Oc, oedème cellulaire,
spongiose ; S, stroma ; Sb, stratum basale ; Ss, stratum spinosum.
Flèches : exocytose (Fig.9) et espaces intercellulaires élargis
(Fig.10). Disparition du stratum
granulosum et de la kératine
dans E2. |
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| Fig.
17 - Epithélium malpighien et cellules de Langherans (proteine
S100). |
Fig.
18 - Epithélium malpighien,
son stroma et cellules
de Langherans (vimentine). |
| E,
épithélium ; K, kératine ; S, stroma
; Sb, stratum basale (couche germinative) ; Sg, stratum granulosum
(couche granuleuse) ; Ss, stratum spinosum (couche "épineuse").
Flèches : cellules dendritiques
de Langherans. |
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Le stroma est
un tissu conjonctif
anormal développé
à partir de celui de la muqueuse de caisse et, plus précisément,
de la lamina propria
sensu lato de l'oreille moyenne,
y compris la couche fibreuse du marteau. Ne présentant
donc aucun rapport avec le derme, il a été désigné
par ailleurs sous les noms de « tissu
sous-épithélial » (Kaneko
& al., 1980) ou de « perimatrix »
(Lim & Saunders, 1972).
Nous avons souvent noté,
qu'outre les cellules habituellement présentes
dans le conjonctif de caisse,
le stroma peut renfermer des éléments
allongés, isolés ou réunis
en faisceaux, ayant l'aspect de fibroblastes
mais exprimant non seulement la vimentine
mais aussi l'actine musculaire lisse (A.M.L.) comme la
paroi des capillaires sanguins (Fig.19,20). Ils peuvent donc être interprétés
comme des myofibroblastes.
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| Fig.19 -Cholestéatome à stroma
renfermant des myofibroblastes.
A.M.L. |
Fig.20 - Détail
du stroma d'un autre cholestéatome
: myofibroblastes. |
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Cs, capillaires sanguins ; E, épithélium malpighien ; Ec, épithélium de caisse ; K, kératine ; My et flèches (Fig.12), myofibroblastes ; S, stroma. |
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La paroi entière
d'un cholestéatome extensif est susceptible
de recouvrir des matériaux introduits chirturgicalement dans la
caisse, qu'il s'agisse de prothèses
ou de tissus tels que du cartilage.
Ce dernier parait alors érodé en surface, dans le stroma cholestéatomateux, et y présente
un curieux aspect "denticulé"(Fig.21,22).
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| Fig.
21 - Cholestéatome recouvrant du cartilage introduit dans la caisse |
Fig.22
- Même cas. Coloration trichromique. |
| Cr,
cartilage "greffé" dans la caisse ; E, épithélium
du cholestéatome ; K, sa kératine ; S, stroma. Flèches
: groupes de chondrocytes dans la substance fondamentale. |
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Couleurs
conventionnelles (texte) : en bleu-vert,
termes d'anatomie macroscopique et d' histologie normales ; en
kaki, termes désignant toutes les
structures ayant une signification pathologique, qu'elle qu'en
soit l'origine ou la nature
Sous-site en construction
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