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LE CHOLESTEATOME ET SES LESIONS ASSOCIEES
Dr. ANDRE LOPEZ
médecin anatomo-pathologiste
Dr. BENOIT
GRATACAP
Dr. ROBERT VINCENT
médecin otologiste
médecin otologiste
Travail
réalisé dans le cadre de la Clinique
Causse 34440 Colombiers F.
II - Sommaire
6-Commentaires
Le stroma en
revanche ne dérive pas du derme
mais est fourni par la lamina propria
sensu lato de l’oreille moyenne,
couche
fibreuse tympanique comprise. En
effet, il ne renferme pas d’annexes cutanées, présentes seulement dans les cas exceptionnels
de choristome de la
caisse.
De plus, les deux
types d’épithéliums, épidermique et
de caisse, sont souvent visibles
de part et d’autre du même stroma
conjonctif (Fig.1,2),
disposition déjà
notée par d’autres auteurs mais presque sans
commentaire (Bibl. : Lim &
Saunders,1972 ; Bremond & al., 1980 ; Friedmann,
1986). La mise en évidence de leurs cytokératines
permet de les accentuer (Fig.3)
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| Fig. 1 - Paroi
de cholestéatome montrant
un épithélium de caisse
sur sa face externe. |
Fig. 2 - Autre
paroi de cholestéatome
montrant un épithélium
de caisse sur sa face externe ( grossissement
supérieur). |
| E,
épithélium malpighien
; Ec, épthélium
cubique de caisse ; K, kératine ; S, stroma |
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| Fig.3
-Autre paroi cholestéatomateuse
avec ses deux épithéliums ( cytokératines
brunes) |
| E,
épithélium malpighien
; Ec, épthélium
cubique de caisse ; K, kératine ; S, stroma |
Elle montre alors que le cholestéatome
s'est développé à partir
d'une poche de rétraction
qui présente au début la même structure
histologique (Fig.4).
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| Fig.4 - Poche de rétraction. |
| E, épithélium
malpighien ; Ec, épithélium cubique de caisse
; K, kératine |
Les
cryptes épithéliales sont
d'authentiques structures pathologiques
et non de véritables glandes, ces dernières
faisant normalement défaut dans la muqueuse de caisse.Divers auteurs en ont
d'ailleurs souligné le caractère anormal (Bibl.: Lim & al., 1973 ; Tos &
Bak-Pedersen,1974 ; Tos,1980).
Ces pseudo-glandes résultent
d'une hyperplasie mucipare mais
peut-être aussi d'un enfouissement partiel
de l'épithélium de
caisse dans le stroma,
sous la poussée de l'épiderme
ou lorsque l'otite prend un
caractère "adhésif".
La tympanosclérose
semble être une lésion beaucoup
plus fréquente qu'on ne l'admet généralement.
Le pourcentage de nos cas (47 %)
dépasse largement celui qu'ont indiqué
divers auteurs tels que Plester (1971 : 1 %), Bremond
& al. (1985 : 7 %), certains d'entre eux soutenant même
qu'il existe une "compétition" ou "association négative"
entre cette lésion et le cholestéatome
(Gristwood & Venables,1982).
Le granulome à kératine
est une entité microscopique réelle
due à l'implantation de matériel corné
dans le stroma où il suscite une réaction
macrophagique et gigantocellulaire.
La plupart des
auteurs ne mentionnent pas cette lésion ou ne
font que la signaler au passage, sans la nommer et sans
établir un lien direct avec le cholestéatome. Ils la considérent
comme résultant d'une métaplasie
de kystes glandulaires
(Sade & al.,1982), comme une banale réaction à
corps étranger dans l'otite moyenne (Hawke & Jahn, 1988
; Friedman n & Arnold,1993) et comme limité aux
seuls polypes auraux (Milroy
& al.,1989). Certains d'entre eux l'ont même photographiée
sans pour autant la décrire comme propre au "tissu
sous-épithélial" (Kaneko
& al.,1980 ; Yuasa & al.,1982).
Tout en n'oubliant
pas qu'il s'agit d'une lésion
de l'oreille moyenne, le granulome à kératine peut fort
bien se rattacher à une série d'affections cutanées de l'oreille externe , disparates
mais comportant toujours une réaction macrophagique anti-kératine
: granulome par aérateur
(Hawke & Jahn, 1988), kératose obturante, kystes épidermique et trichilemmal rompus dans le derme, poil inclus,
follicule distendu par un comédon, pilolmatrixome
ou "épithélioma" momifié
de Malherbe. Le voisinage étroit des squames
cornées et des dépôts de cholestérol
qui le caractérisent, pourrait suggérer
qu'il peut dériver, du moins en partien,
Le granulome mixte ne nous paraissait pas encore individualisé. Le voisinage étroit des squames cornées et des dépôts de cholestérol suggère qu'il pourrait dériver, du moins en partie,des produits lipidiques de la kératine détruite. Cette hypothèse est basée sur la fréquence des lipophages dans les granulomes mixtes, à kératine, et, par ailleurs, sur l'observation de cristaux de cholestérol dans les kystes épidermiques et les cryptes amygdaliennes kystifiées. Elle s'accorde avec une origine tissulaire du cholestérol (Sade & Teitz,1982) et n'exclue d'ailleurs pas que ce dernier soit également issu d'hématies désintégrées (Friedmann,1986 ; Michaels,1987 ; Friedmann & Arnold,1993). Une preuve en est apportée par les dépôts d'hémosidérine, quasi-constants dans les granulomes à cholestérol "purs" de notre matériel (Fig. ), ainsi que les capillaires sanguins dilatés et les suffusions hémorragiques (Fig. ).
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| Fig.5 - Image de métaplasie épidermoïde en marge
d'un cholestéatome (APS) |
| Ch, épithélium
de caisse hyperplasié ; E, épithélium malpighien ;
S, stroma . Flèches : cellules glandulaires mucipares. A : artéfact
(pli de coupe). |
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| Fig. 6 - Image de métaplasie épidermoïde en marge
d'un autre cholestéatome |
Fig. 7
- Image voisine de métaplasie épidermoïde : détail |
| Ci,
cellules inflammatoires ; E, épithélium malpighien kératinisé
; S, stroma ; Sb, stratum basale ; Sg, stratum granulosum ; Ss, stratum spinosum.
Flèches jaunes (Fig. 7) : exocytose de polynucléaires |
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| Fig.
8- Cellules d'aspect ostéoclastique |
Fig.
9- Cellules d'aspect ostéoclastique |
Fig.
10 - Cellules d'aspect ostéoclastique |
| Cs, capillaire sanguin ; O, tissu osseux
ossiculaire ; Tc, tissu conjonctif, espace périvasculaire.
Flèches : cellules géantes multinucléées
(aspect d'ostéoclastes) |
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La présence des myofibroblastes,
tant dans les osselets lésés que le stroma cholestéatomateux
est une découverte intéressante
et qui mériterait des recherches ultrastructurale
et physiopathologique approfondies. Ces
cellules sont également présentes dans la muqueuse de l'oreille moyenne
biopsiée en chirurgie de l'otospongiose
et examinées en microscopie électronique à
transmission (Lopez & al.,1992). Leur ultrastructure est intermédiaire
entre celles des fibroblastes (réticulum
endoplasmique granuleux) et des cellules musculaires lisses (plaques denses,
myofilaments, micropinocytose) (Fig. 11 à 13).
Crédités de propriétés contractiles
et même sécrétoires, les myofibroblastes sont retrouvés aujourd'hui
avec une fréquence croissante dans divers tissus pathologiques
: athérosclérose,
réaction stromale des tumeurs,
fasciites, cicatrisations
"vicieuses" (Majno, 1979 ; Seemayer & al., 1981).
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| Fig. 11-Myofibroblastes
en coupe oblique. M.E.T. |
Fig. 12 -Myofibroblaste
en coupe transversale. M.E.T. |
Fig. 13 -Myofibroblastes,
détail. M.E.T. |
| C, collagène ; Cy, cytoplasme ; Mf,
myofilaments ; N, noyau ; P (ou flèches jaunes),
plaque dense; Rg, réticulum endoplasmique granuleux.
Flèches rouges : vésicules de micropinocytose
(Fig.). |
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Sur le plan
pratique, l'extrême
fréquence des lésions
complexes du cholestéatome,
leur intrication et les interactions stroma-épiderme, la menace d'une destruction ossiculaire et d'une atteinte de l'oreille
interne nécessitent une exérèse
aussi large que possible des tissus pathologiques
dans la chirurgie de l'otite moyenne chronique.
De plus, l'importance de lésions
plus profondes affectant les osselets (marteau, enclume) doit limiter leur
utilisation pour une ossiculoplastie lorsque l'oreille intéressée
présente une otite chronique moyenne.
Couleurs conventionnelles (texte) : en bleu-vert, termes d'anatomie macroscopique et d' histologie normales ; en kaki, termes désignant toutes les structures ayant une signification pathologique, qu'elle qu'en soit l'origine ou la nature ; en rouge, conclusions essentielles.
Sous-site en
construction
| Clinique Causse. Directeur : R. Authie |